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Symbole de la société urbaine, le béton deviendrait-il un matériau capable d’exprimer le meilleur de la montagne ? Des entreprises, des architectes, des décorateurs valorisent son usage en faisant preuve d’imagination.

Le béton brut devient décoratif et embellit les espaces de vie dans les chalets, rehaussé (ou pas) par le bois. Des intérieurs très contemporains qui bousculent le modèle du chalet traditionnel.
Texte : Patricia Parquet. Photos : Adrien Williams/Atelier B/v2com

Si vous interrogez les gens sur la maison de leur rêve, ils évoquent bien souvent les matériaux nobles comme le bois et la pierre, rarement, le béton. Perçu comme le symbole de la solidité, c’est un assemblage de granulats, de sable, d’un liant (comme le ciment, la chaux) et d’eau. Il accompagne les réalisations les plus audacieuses.

« La pierre des cathédrales »
Le béton possède une très longue et ancienne histoire. Le béton moderne est le fruit de recherches menées dans plusieurs pays au cours du XIXe siècle. Son invention est rendue possible grâce aux nouveaux procédés techniques, les progrès de la science et une organisation industrielle, commerciale et financière. L’architecte Bernard Zehrfuss, Grand Prix de Rome en 1939, disait : « Le béton, c’est la pierre des cathédrales ». Louis-Joseph Vicat (1786-1861), ingénieur aux Ponts et Chaussées, originaire de Grenoble (bien que né à Nevers) est l’inventeur des ciments en France. Il publie ses travaux offrant à tous une précieuse culture technique sur la composition des mortiers. Le polytechnicien Léon Pavin de Lafarge développe l’activité de cimentier à grande échelle, en créant son activité en Ardèche.
En 1860, le Lyonnais François Coignet explique dans un livre que le béton permettra de « combattre l’injustice et la misère » grâce à ses deux qualités : l’hygiène et l’économie. Le béton s’impose après la seconde révolution industrielle (fin XIXe) et redéfinit les fins et les moyens de l’art de bâtir. Au début, le béton sert non pas pour construire des habitations, mais pour des constructions de ponts, de routes, des équipements portuaires. À partir de 1890-1910, le béton armé gagne en réputation et devient très employé.

Un matériau du passé, du présent et du futur
Le Nord-Isère regroupe l’essentiel de la recherche mondiale sur le béton.
Aujourd’hui, des bétons toujours plus performants sont mis au point dans des laboratoires et des centres de recherche. Ce matériau ne cesse d’évoluer pour s’adapter aux besoins de la société. Des bétons à haute performance (BHP) et les bétons fibrés à hautes performances (BFUP) existent déjà. De nouvelles versions apparaissent comme le « béton lumineux » grâce à l’introduction de micro-organismes luminescents, le « béton réfléchissant » qui contient des billes de verre, le béton conducteur qui chauffe des portions de route afin de les sécuriser…

Pour aller plus loin
Nous vous conseillons la lecture de ce nouveau livre : « Sacré béton ! Fabrique et légende d’un matériau du futur », sous la direction de Philippe Genestier et Pierre Gras, paru aux éditions Libel (prix : 28 euros). Cet ouvrage accompagne l’exposition « Sacré béton ! De la haine à l’amour » présentée au Musée Urbain Tony Garnier de Lyon jusqu’au 18 décembre 2016.

 

Retrouvez l’article complet dans Cosy Mountain #28, actuellement en kiosque.

 

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