Attention, trésor ! On tombe rarement sur quelque chose d’aussi parfait dans son jus. Si cette chance vous arrive, la bonne attitude c’est de ne toucher à rien ou presque. Visite à la loupe avec Mirko Beetschen, le maître des lieux.
Propos recueillis et traduits par Noëlle Bittner. Photos Martin Guggisberg

On peut dire aussi que cette maison a eu la chance de tomber sur vous ! La plupart des acheteurs sont pressés d’appliquer leurs idées… mais racontez-nous comment cette maison est entrée dans votre vie ?
Mirko Beetschen : Le fait de connaître cette maison depuis mon enfance m’a aidé. Mes grands-parents vivaient à côté et c’était mon pédiatre qui habitait là avec sa femme. Il avait deux impressionnants bulls mastiff. Quand le docteur est mort il y a trente ans, Madame Müller a vécu seule ici avec ses chiens.
Il y a quatre ans, nous avons acheté notre maison dans cette même rue. Après sa rénovation, nous avons eu quelques articles de presse sur notre travail et Madame Müller nous a alors contactés. Entre temps, la maison Bergdorf, comme nous l’appelons, m’est apparue dans un rêve, si vivante, si chaleureuse… qu’à mon réveil, j’ai couru au bout de l’allée bordée de grands arbres qui la cachent de la rue. C’est comme si la maison nous avait choisis !

Elle a une atmosphère très spéciale, très rare, de maison ancienne… On a l’impression de rentrer par effraction dans un monde à part. Comment avez-vous pu conserver cette atmosphère, tout en faisant les travaux nécessaires ?
Dans nos rénovation s habituelles, nous faisons tous les travaux en même temps. Ici, nous avons procédé graduellement. On a d’abord débarrassé les vieilles moquettes, donné quelques coups de pinceau et réparé deux trois trucs. Après avoir vu que la maison, telle quelle, exerçait son charme, nous avons procédé aux travaux indispensables, sanitaires et cuisine, en faisant attention – même là ! – à garder le charme à chaque étape.

Comment décririez-vous ce gros chalet entouré de grands arbres et de jardins, avec la vue sur les sommets mythiques de la Jungfrau, situé dans un quartier résidentiel du vieil Interlaken, tout près d’ailleurs du chalet de Clara Schumann ?
C’est un chalet de villégiature comme il y en eut beaucoup au XIXe. Celui-ci a pour lui un travail artisanal remarquable: de massives poutres sculptées, un large toit débordant (qui a très bien protégé la façade depuis 120 ans), et deux immenses loggias aux deux extrémités. Plus une touche de style victorien que les Canadiens qui l’ont construit en 1897 tenaient de leur culture.

Retrouvez la visite complète de la maison Bergdorf dans Cosy Mountain #28, actuellement en kiosque.

 

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