Le panoramique, c’est le nec plus ultra du papier peint. Il s’adapte à l’anatomie des murs, exprime vos goûts profonds et dans une pièce, il « fait » le décor à lui tout seul.

Panoramiques papier peint décoration

Tropical Birds réalisé aux mesures de la pièce

Le couple, la cinquantaine, vient d’emménager dans un grand appartement haussmannien du 7e arrondissement. Décor bourgeois classique, mais dans sa chambre à elle, épurée, un grand panoramique des montagnes du Yunnan noyées dans une brume bleutée. Il dit d’elle cette facette de sa vie consacrée à la spiritualité et à la méditation.

La multiplication des papiers peints

Depuis vingt ans le papier peint renait sous toutes ses formes. Désavoué, ringardisé dans les années 60, la nouvelle génération s’était lassée des fleurettes chambre de jeunes filles, des motifs all over qui couvrent la pièce et pèsent de tout leur poids sur l’atmosphère… C’était le temps du « revêtement mural » et de la colle qui sentait fort. De là, on est passé au « décor mural ». On vous proposait d’imprimer votre photo de vacances sur votre mur. Puis on a vu arriver les « faux », la fausse bibliothèque, le faux mur de brique, le faux bois lavé… Doucement on est arrivés aux décors d’exception. Ca a été le retour des archives, le noir et blanc, les beaux décors XVIIIe. Le mur est devenu source de décor, tandis que le mobilier s’épurait. On pose une console scandinave vintage devant un motif, on a son décor. On est dans l’univers de l’ « art décoratif ».

De gauche à droite : Bushy Woods, Blooming clover, Sunset clouds. Tous ces modèles : Au fil des Couleurs

La différence entre papier peint et panoramique ?

Le premier est continu et sans limite. Le second est une composition qui occupe une surface précise. Le panoramique est imprimé à la planche. Le décor mural est soit gravé (notamment quand il est appliqué sur une matière, une toile de lin, du cuir, du bois…), soit, sans relief, (moins coûteux), en impression digitale, numérique. On peut jouer de ces deux modèles : par exemple, placer un papier peint au motif décoratif fort dans une alcôve crée un effet de panoramique.

D’un panoramique, on peut appliquer le motif en entier (un Zuber mesure entre 5 et 7 mètres, il faut déjà avoir les pièces !), ou en partie : on promène son cadre virtuel pour isoler le fragment que l’on retiendra (avec l’oiseau de feu, sans l’oiseau de feu…), c’est du sur-mesure. Zuber est la plus ancienne manufacture de papier peint encore en activité.

Dans ses archives, plus de cent mille dessins et cent cinquante mille planches d’impression en bois, sculptées entre 1797 et 1830, classées Monuments historiques.

Au Fil des Couleurs édite les créations de son studio et collabore avec des artistes comme Sandrine Alouf et Vincent Darré. Les sources d’inspiration sont infinies : aquarelles et gravures anciennes, paysages lointains, trompe l’oeil… On peut harmoniser le dessin en fonction des dimensions, s’adapter au lieu (moulures, cadres, tête de lit), supprimer ou modifier des éléments du décor, changer les couleurs et même créer un décor unique à partir d’une idée, d’un croquis.

Au fil des Couleurs, de gauche à droite : Sezincote Park, Pine trees, Oaktree with Badger

Texte : Noëlle Bittner