Petit espace n’est pas forcément synonyme de promiscuité !
La preuve par l’exemple avec cet appartement de 50 m2, rénové en 2017, situé en plein cœur de la ville.

 

 

La dernière rénovation de cet appartement datait des années 90 : retapé de manière fonctionnelle et plutôt traditionnelle, on y retrouvait deux chambres, une salle de bains, une cuisine, un séjour et une salle à manger, avec des espaces confinés à cause des nombreuses divisions.

Et de la particularité de l’appartement, en forme de U.

Puis en 2017, la propriétaire décide de moderniser l’ensemble et fait appel au cabinet d’architecte GokoStudio.

Leur devise ?

« Le travail de l’architecte ne se mesure pas en mètres carrés mais en solutions ».

Cette citation, de l’architecte japonais Shigeru Ban, sera le leitmotiv de cette rénovation.

Dès le début, la propriétaire avait en tête ce que devait devenir son appartement, à savoir profiter de chaque espace sans les limiter à leur unique fonction.

« Cette petite superficie de 50 m2, initialement très découpée, devait être à la fois son refuge, son lieu de travail et un endroit où recevoir ses amis », se rappelle l’architecte. « Avec la cuisine comme centre de toutes les activités d’où s’articulerait le reste du logement. »

Autre volonté de la propriétaire : que l’espace soit épuré au maximum, loin de toute abondance.

« Qui définit le vide comme une forme de richesse où la personne peut évoluer en toute plénitude. »

Des espaces connectés entre eux

Le projet de rénovation a été fortement conditionné par le plan de l’appartement, en forme en U aux côtés courts, qui d’une part efface la perception d’un unique espace mais qui de l’autre offre simultanément la fluidité et l’intimité des différents espaces sans la nécessité d’incorporer des cloisons physiques.

Avec cette première constatation, les architectes se sont orientés vers un système d’espaces consécutifs connectés entre eux, et ont organisé l’appartement à partir d’une grande pièce centrale comme aire de vie principale.

La salle de bains (douche et dressing), se situant entre la chambre et les toilettes, apporte une solution à l’articulation entre la zone de réception et la zone de nuit, en lui offrant une double utilité (toilettes pour les invités et salle de bain intégrée dans la suite) et procure une intimité de la chambre sans le besoin d’y ajouter une porte.

Avec cette disposition fonctionnelle, on peut déambuler dans la salle de bain-dressing, grâce à la circulation circulaire qui offre une intimité entre la chambre et les toilettes.

La porte en verre entre la chambre et le dressing permet de diffuser la lumière naturelle dans la salle de bains.

Afin d’obtenir l’espace intérieur le plus vaste possible, les architectes ont dessiné la cuisine en ligne droite, aménagée de nombreux placards (sur 5 mètres linéaires), en prévoyant dans cette lignée deux grands vides : l’un destiné à l’évier, au plan de travail, à l’espace de cuisson et l’autre vertical qui encadre la fenêtre qui donne sur la cour intérieure.

L’une des portes du meuble de cuisine donne accès à la pièce destinée à la buanderie. Le choix de la couleur contribue aussi à la mise en scène de l’espace.

Les architectes ont mis en valeur l’unité de l’espace en associant un plancher de bois uniforme et des murs peints en blanc pur.

De même pour le design du meuble de cuisine, ils ont choisi un blanc immaculé et les revêtements des plans de travail en Estaturio de Néolith.

Plusieurs œuvres et objets d’art précolombiens, témoignant du séjour de la propriétaire à Bogota, rompent la pureté de cet appartement et apportent de la personnalité à ce tableau blanc…

Photos : VALENTÍN HINCÚ