Texte : Noëlle Bittner
À l’heure où nous bouclons ce numéro, les dates de ces évènements sont données à titre indicatif

Megève dans l’œil de Willy Ronis

« Dans les années 30, Willy Ronis travaillait dans l’atelier de son père, il adorait skier et l’hiver étant une saison creuse pour le photographe, il venait skier pour les vacances dans les Alpes et en particulier à Megève », raconte Sophie Egly, de Culture & Co.

Willy Ronis, Megève 1938. Ministère de la Culture – France / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine / Dist. RMN-GP © Donation Willy Ronis.

Ses photos portent ce même regard, bienveillant, attentif, intimiste sur les heureux du monde de Megève comme sur les ouvriers des chantiers navals ou des villes grises. Il photographie sa femme, son fils sur les pistes de ski, la vie de la station, ou l’école de ski André Ledoux, (un reportage réalisé sur commande). À découvrir dans la rétrospective de l’œuvre du photographe présentée à Megève dès l’ouverture de la station en décembre.

« Willy Ronis, de Paris à Megève », du 12 décembre au 31 mars 2021. Megève, le Palais, espace culturel. Puces du Design et à vivre Design Fair La 41ème édition, que nous vous présentions dans le précédent N° de Cosy est repoussée au printemps ! 9-11 avril 2021, Paris Expo Porte de Versailles, Hall 02.2

 

Banc Fallen Tree, coll. Morning Mist, Benjamin Graindorge, 2011 ©Ymer&Malta.Banc Fallen Tree, coll. Morning Mist, Benjamin Graindorge, 2011 ©Ymer&Malta.

« Et Dieu dans tout ça ? »

« Luxes » est le thème de cette exposition. Le luxe pour vous, c’est quoi ? C’est ce que l’argent ne peut acheter, le temps que met un arbre à pousser ? C’est quelque chose de très personnel, « une chambre à soi » comme l’écrit Virginia Woolf, le « rêvoir » si nécessaire à Baudelaire ? C’est « l’autre », aurait-on envie de dire après des mois de confinement. Mais avant, on aurait un peu vite relié le luxe à la présence des marques, ces sésames. Une vision consumériste à laquelle le luxe ne se réduit pas.

« Et Dieu dans tout ça ? », dirait le regretté Chancel. La réponse est dans chacune de ces 100 œuvres significatives de la notion de luxe à travers les civilisations. Chacune incarne un savoir-faire, une virtuosité. Le sens de la transmission, la liberté de créer. Le rare et le précieux. Après tout, au XVIIe siècle, on se ruinait pour des tulipes ! Et quel « étrange luxe du rien » que les marqueteries de paille de Jean-Michel Frank à la Belle Epoque, par ailleurs si frivole. Cette exposition, sous des dehors purement esthétiques nous donne une piste de réflexion. On prend !

Luxes, MAD, Musée des Arts Décoratifs, Paris, jusqu’au 2 mai 2021, madparis.fr

Porte à double battant en marqueterie de paille, Jean-Michel Frank, Paris vers 1930-31 © MAD Paris/Jean Tholance.

 

Salon du Bois, par Georges Hoentschel Paris, Pavillon de Marsan, Exposition Universelle 1900 © MAD Paris/Christophe Dellière

Bracelet Camélia, Paris 1995, MAD © MAD Paris/Jean Tholance.

Les journaux peints de Laetitia de Chocqueuse

Les journaux peints de Laetitia de Chocqueuse

« Un Poussin aurait bien été identifié sous la Verdure d’Aubusson », lit-on à propos de ce tableau dans le « journal inventé » de Laetitia de Chocqueuse. Des journaux imaginaires, la jeune femme en fabrique depuis l’enfance. « L’Emanticipation » (contraction d’émancipation et anticipation), daté d’un jour futur, oscille entre fiction et réel.

Sur des toiles découpées souples, elle trace des articles inventés sur des thèmes qui l’intéressent, la science, la mémoire, la géographie… Comme des tapisseries (qui étaient les premières peintures transportables) gommées aux rayons X, laissent apparaître des vestiges d’une ville, de monuments disparus.

« Les Paradis Perdus », 4 artistes exposent sur ce thème à l’Espace CFOC/GalerieBubenberg, 170 bd Haussmann, Paris 8e, jusqu’au 6 février 2021.

 

Retour au paradis

Le motif de ce papier vous rappelle quelque chose… c’est que vous l’avez déchiré autrefois pour ouvrir votre cadeau acheté Au Nain Bleu. Fondé en 1836, le magasin, à deux pas de la place de la Concorde, a fait rêver des générations d’enfants gâtés. Fermé depuis des années, Il vient de rouvrir…en ligne !

Et c’est toujours le paradis des beaux jouets : à côté des « corbeilles de naissance » garnies de délicats ensembles tricotés au point mousse, minuscules bottines de chevreau bleu ciel et autre doudous, les circuits de train électrique, poupées au dressing digne de Dior, cheval à bascule, voiture à pédales retro en bois, jeu de croquet, théâtre de marionnettes, voiliers en bois, ou ce canot automobile à moteur pour naviguer sur les lacs que je me vois encore découvrir dans l’énorme boite… À Noël, on a toujours 8 ans.

www.aunainbleu.com

« Garder le cap »

C’est extraordinaire. Ces dessins de Sempé ne datent pas d’aujourd’hui et on jurerait qu’ils viennent d’être imaginés. Ce monsieur qui a juste décalé son fauteuil de son bureau de direction, sa petite radio à côté de lui, son frichti qui l’attend, on dirait le télétravail vu par Sempé ! « Pas du tout ! rétorque Martine Gossieaux, sa Galeriste et amie de toujours, Jean-Jacques n’est pas observateur du tout, dans la rue, il ne voit rien, mais il capte des sensations et de retour devant sa feuille blanche, où il reste des heures, c’est finalement un dessin dans l’air du temps qui émerge. Il est en décalage, mais en avance ! ». 

« Garder le cap », dessins originaux prépubliés dans Paris Match depuis 1990. Le livre et l’expo, à la Galerie Martine Gossieaux, 56 rue de l’Université, Paris 7e, 10 décembre – 6 mai 2021.