Meribel-Helios_06

L’agence AmDeCo a réalisé la décoration intérieure de l’Hélios, un quatre étoiles situé sur les hauteurs de Méribel. Dans le coeur historique de la station, Pierre-François Amevet, l’architecte à la tête de l’agence, et Laurent Gourbeyre, propriétaire de l’hôtel, se sont réunis pour nous raconter comment le projet est né.

Votre collaboration a-t-elle commencée dès le début du projet ?
Pierre-François Amevet : Laurent nous a appelé au mois de mai 2009 et nous avons rapidement conçu les premières ambiances, les premières esquisses. Quand on est arrivé la première fois, c’était brut de béton : il y avait juste les murs. Il n’y avait même pas la menuiserie. Il a fallu s’imaginer la fonction de chaque zone et la façon dont on allait les traiter.

Et du côté du propriétaire, aviez-vous une vision précise de ce que vous vouliez ?
Laurent Gourbeyre : On avait des idées assez précises avec ma femme. On s’est rendu chez AmDeCo, avec deux ou trois cartons de matériaux qui nous plaisait. On lui a présenté ça en disant « c’est ce qu’on aime, mais on ne sait pas trop comment s’en servir… » On avait les pièces du puzzle, mais sans savoir comment les assembler. Ce qui m’a plu chez lui, c’est qu’il a rapidement compris qu’on était limité dans le temps. Il y avait une dead-line qu’il fallait respecter, et il a réussi. J’ai très rarement retrouvé cela ailleurs.

Quel type de décoration souhaitiez-vous ?
Laurent Gourbeyre : Je voulais avoir un intérieur chaud mais je voulais aussi arriver à faire un bâtiment qui s’intègre dans le milieu de la montagne tout en étant différent du petit chalet à la « Heidi ». Parce qu’il y a que ça à Méribel. Je ne voulais pas d’intérieur tout bois, du vieux bois, etc. C’est du vu et revu, je voulais sortir de ça. Je voulais du bois au sol, mais pas le bois comme élément dominant, juste pour rappeler un peu la montagne.

Pierre-François Amevet : Par exemple, la réception est typée montagne (sur les portes ou les encadrements) mais pas uniquement : on est dans la petit touche décalée. Tout est pensé pour que le client trouve autre chose, un « plus » par rapport à d’autres hôtels.

L’Hélios ne compte que des suites. C’était une volonté de vous démarquer des autres hôtels ?
Laurent Gourbeyre : Oui complètement, parce que la clientèle de Méribel est familiale. Il fallait faire quelque chose conçu pour eux. Quand on a fait la première étude de marché en 2005, c’était des chambreq qui faisaient entre 20 et 25 m2. C’est compliqué pour une famille, et pas très pratique… On a vraiment cherché à apporter quelque chose de nouveau.

D’un point de vue décoration, le travail est-il le même pour une chambre simple ou pour une suite ?
Pierre-François Amevet : C’est pareil. Quel que soit le volume, l’image est à traiter de la même manière. Après, le paramètre qui est à prendre en compte, c’est que plus il y a de surface, plus il y a de produits et matières à intégrer. Il faut garder une certaine uniformité.
On cherche à maîtriser la décoration, on sait la faire évoluer, la transformer. C’est d’ailleurs intéressant pour l’hôtelier. Ça laisse une marge d’évolution.

Cette notion d’évolution, c’est une chose que vous expliquez dès le début du projet ?
Pierre-François Amevet : Oui, bien sûr. Et ils le savent très bien. Ce sont des gens qui font vivre leurs établissements et qui savent que pour leurs clients, il y a des modifications à faire tous les trois ou quatre ans.

Laurent Gourbeyre : En plus, vous avez l’oeil des clients qui viennent ou reviennent pour la cinquième fois, et qui vous disent ce qu’ils verraient bien dans l’hôtel… Du coup je demande à mes clients d’écrire environ cinq lignes à la fin de leur séjour sur ce qu’on pourrait améliorer. Chaque fin de saison, je débrieffe les remarques et on les prend en compte.

Quelles sont les choses dont vous êtes le plus fier sur ce projet ?
Pierre-François Amevet : L’ouverture entre la salle de bain, la chambre et l’extérieur, qui permet au client de se laver les dents tout en regardant la neige tomber, ça me plaît assez. Ce lien entre fonctionnalité, décoration et sobriété est représentatif de notre travail.

Et aujourd’hui, est-ce que l’hôtel correspond à ce que vous aviez en tête au début ?
Laurent Gourbeyre : On s’en approche ! Il y a une bonne base qui nous permet de travailler au quotidien. Maintenant, on a un projet en tête qu’il s’agit de faire évoluer. Au moins ça laisse des portes ouvertes. C’est ça qui fait tout son charme : l’élasticité du monde hôtelier, la transformation selon l’air du temps…