Villaroger_Mineral_Lodge_08

« Bâtir est un acte délicat qui exige de sublimer ce que nous a offert la géologie« . Lorsque l’architecte Christian Girard parle du Mineral Lodge, on sent que les contraintes géographiques auxquelles il a dû faire face ont été un atout plutôt qu’un problème. Le défi était pourtant de taille : réhabiliter une ancienne ferme (à l’état de ruine) et concevoir un chalet contemporain, tout en respectant la réglementation locale en terme de constructivité. « Cette ruine offrait l’occasion d’un dialogue entre l’architecture vernaculaire et l’aspiration contemporaine à vivre dans le confort« , poursuit l’architecte. Et de composer avec le minéral omniprésent. « Le programme du maître d’ouvrage imposait une liaison physique avec le chalet familial existant, précise Christian Girard. Nous avons pensé en terme de haute faille verticale et décidé ensemble très tôt de laisser apparent dans le chalet neuf la muraille de pierre qui était le pignon aveugle de ce chalet.« 

Trait d’union entre passé et présent

Le souci de transposition et réinterprétation de l’architecture locale a été le point de départ. Dès les premières esquisses, l’intuition de faire émerger le chalet de la ruine pré-existante s’est imposée d’elle-même. « On ne pouvait définitivement s’enfermer dans les limites du passé, il fallait signifier une nouvelle époque par rapport à celle des murs de pierre sèche, aller de l’avant au sens propre comme figuré« . C’est le rôle que prend le cube en bois qui se projette à partir du séjour de l’étage, qui devient l’emblème du chalet. « Et comment ne pas percevoir qu’il est un clin d’œil aux magnifiques greniers en encorbellement qui subsistent sur des chalets anciens de Villaroger et ailleurs en Tarentaise. » Un clin d’oeil qui sonne comme un hommage – réussi – à cette architecture de montagne.

Par Loïc Martin – Photos : Nicolas Borel