L'immense atrium est toujours une surprise lors de l'arrivée.

Plus haute station d’Europe (2 300 m), Val Thorens n’en finit pas de grandir depuis quarante ans, date de sa création. Avec le meilleur taux de remplissage des stations de ski françaises (+ de 80 %), Val Thorens s’affirme comme une des plus audacieuses. Jusqu’en mai prochain, les skieurs peuvent s’en donner à cœur joie puisqu’au sommet des trois vallées, ils savent qu’un boulevard les attend : 600 km d’un domaine skiable pur neige.
Par Gilles Brochard

Petit à petit la station s’embellit et se construit avec des édifices de grand standing. On attend pour la fin 2013 un hôtel 5 étoiles, LE KOH-I NOR, qui s’ajoutera à l’hôtel Altapura qui trône sur les hauteurs. Et alors que s’ouvrait le Hameau du Kashmir, une résidence 4 * et un hôtel 3 *, l’hôtel Le Val Thorens, réouvrait ses portes sous l’impulsion de nouveaux investisseurs qui ont choisi de passer de trois à quatre étoiles. « Il fallait trouver un moyen de faire revivre cet hôtel pionnier de la station dans les années 70 », confie Valery Grego, le propriétaire. C’est ainsi qu’en face de l’église, derrière la façade sobre, en bois et en béton, dans les  notes taupes et grises, le client découvre une entrée ouverte sur l’atrium : « À la différence de  Courchevel, ajoute Valery Grego, ici on est tourné vers l’intérieur. Toute la lumière est concentrée dans ce grand espace et tout vous ramène à la montagne. »

Les artistes choisis sont des amis du propriétaire : Massimo Vitali expose une photographie des Ménuires, témoignage réaliste du tourisme de masse ; l’Allemand Ralph Peters s’est intéressé aux sommets enneigés de Marmolada, dans les Dolomites ; le Belge André Stas compose un patchwork de photos de tranches de livres, de BD, magazines féminins ou pornos, formant un immense collage ;  l’Anglais Peter Hutchinson, pionnier du « Land Art » offre une vue de la nature florale en montagne et l’Américaine Tracey Snelling présente dans l’entrée de l’hôtel la maquette d’un chalet en miniature enveloppé de neige… Du bar aux salons, du hall aux coursives qui mènent aux chambres, on déambule dans un univers attrayant mais toujours chaleureux. « C’est surtout le spectaculaire mobile en plexiglas de Martin Richman qui fait vibrer l’atrium de sa présence colorée, explique Gilles Leborgne, l’architecte-décorateur. C’est au bar que la dimension artistique et contemporaine du lieu prend tout son sens. Véritable œuvre d’art à lui seul, il est conçu comme une boîte démesurée avec son sol en béton ciré anthracite et son plafond en pin brûlé. » Certes, l’éclairage venu du plafond est sans doute un peu trop violent, mais il permet de mettre en lumière la longue étagère qui court le long du mur, remplie des livres à la tranche rouge des éditions Guérin, connue pour sa littérature de montagne.

On l’aura compris, le Val Thorens ne joue pas la carte de l’habitat rétro baignant dans l’atmosphère habituelle d’un chalet de montagne. Au contraire, on entre ici dans une maison plus subtile et moins conforme à l’idée que l’on se fait d’un hôtel familial. « J’ai voulu lui donner une identité très contemporaine, précise Valery Grego, en l’habillant d’un mobilier d’inspiration internationale, reprenant les créations des années 1950, 1960 et 1970, à la fois des valeurs  de modernité et une connotation « mobilier collectif » en clin d’œil aux « vacances pour tous » qui fut l’attraction de la station pendant longtemps. » L’ensemble est réussi. Surplombant le comptoir de réception, le regard est discrètement accroché par la lampe potence très « industrielle » signée du ferronnier Jean Prouvé (1901-1984). Les chaises et les canapés fonctionnels  de Jacobsen, de Charles Eames, d’Hans Wegner ou de Starck sont dans le même esprit, avec des matériaux naturels et confortables à souhait. Même les tables du restaurant « Le Val Thorens », en bois brut et aux bords arrondis, ont été choisies pour leur design épuré signé Tom Dixon pour la société finlandaise Artek.

On retrouve ces mêmes lignes  dépouillées dans les chambres, de plus ou moins grande surface, 66 « classiques », 7 « familiales » de 27 m 2 pour coucher jusqu’à quatre personnes, les 9 « triples » avec un lit double et une méridienne convertible en lit simple et la suite de 43 m2 d’un confort élégant avec vue panoramique sur les pistes. Une fois bien rôdé pendant la saison hivernale, le Val Thorens, complété par une terrasse de 600 m 2 plein sud attenante au bar et au salon, avec une piscine de bonne taille et un spa aménagé avec quatre cabines de massage (exclusivité Thémaé), devrait très rapidement séduire plus d’un touriste français ou étranger.

Le Val Thorens
Place de l’église
73440 Val Thorens
Tél : 04 79 00 04 33
Prix des chambres : de 120 euros à 600 euros la nuit.*
Bar  au coin du feu pour coktails ou heure du thé.
Restaurant « Le Val Thorens » (très classique) et « LaFondue », proposant raclette, tartiflette ou fondue.
Spa avec la ligne de soin Thémaé, hammam, sauna et piscine couverte.