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Réhabilité par la famille Sibuet, le mythique hôtel Les Dromonts à Avoriaz offre un fabuleux voyage dans les années 60. Du mobilier vintage, des chambres aux lignes courbes, un spa psychédélique digne des premiers James Bond. Un univers surprenant et vivifiant.

Texte : Patricia Parquet. Photos : Marie-Pierre Morel

C’est un voyage initiatique. On pénètre dans l’Hôtel Les Dromonts par un chemin étroit, couvert d’un auvent en bois, une belle attention pour se protéger de la neige. Créé récemment, il semble pourtant toujours avoir été là. Jacques Labro, architecte de la station, a tenu à s’en charger lui-même car l’hôtel fut sa première construction dans la station et certainement la plus réussie. Pas moins de 21 versions de l’auvent ont été dessinées pour s’intégrer au mieux à cette magnifique façade-toiture unique en son genre, recouverte de tuiles de bois, qui descend jusqu’au sol.

Sur la porte d’entrée, un énorme 67 nous indique la première année de fonctionnement de l’hôtel qui a ouvert à Noël 1966. L’hôtel connut ses heures de gloire avec la création du Festival international du film fantastique d’Avoriaz en 1973. La station était alors une sorte de Cannes des Neiges. Toutes les stars étaient logées dans l’unique hôtel de la station. L’établissement connut ensuite des années difficiles et fut même fermé plusieurs années. Le propriétaire des lieux, Gérard Brémond, le promoteur de la station, a proposé au groupe Maisons & Hotels Sibuet dont il connaissait la réputation en matière d’hôtellerie de luxe (avec entre autres cinq maisons en montagne) de reprendre la gestion de l’établissement, pour en faire un lieu chic à Avoriaz.

Poursuivre la légende

Un nouveau challenge pour la famille Sibuet de Megève -des bâtisseurs hors-normes- qui aiment poursuivre l’histoire d’un lieu doté d’une âme forte. Pas question de tout reconstruire sans tenir compte du passé. L’hôtel est labellisé « Patrimoine du XXe siècle » comme le reste de la station. On a fait appel à l’Atelier d’Architecture d’Avoriaz (AAA), l’agence lancée par Jacques Labro, pour rester dans l’esprit originel. La famille Sibuet a réussi un sacré tour de force, en réalisant tous les travaux en seulement trois mois, tout en restant exigeant dans les moindres détails.

Ceux, ayant fréquenté l’hôtel auparavant, se demandent certainement s’il reste des traces du passé. Qu’ils se rassurent, le hall d’accueil avec son sol en ardoise de Morzine, la passerelle en bois, les banquettes rondes intégrées et la cheminée en brique ont été conservés. « L’existant fut une source d’inspiration. La plus grande contrainte se trouvait dans les chambres, ou comment concevoir des lieux de vie qualificatifs dans si peu de mètres carrés ! Etant donné la construction du bâtiment, il était impossible de casser les murs entre les chambres pour en réaliser de plus vastes. Nous avons proposé la création de murs courbes pour segmenter les espaces sans les fermer » explique Simon Cloutier, architecte, responsable de l’Atelier d’Architecture d’Avoriaz.

Une décoration à la gloire des sixties

Pour raviver la légende, la décoration a été entièrement repensée en hommage aux années 60 dont Nicolas Sibuet, président du groupe, est fin connaisseur. Dès l’entrée, des fauteuils capsules orange donnent le ton. On aimerait voir apparaître les stars des années Yéyé. Tout n’est que rondeur, un véritable cocon avec alcôves et des marches à monter et à descendre. Les murs de séparation forment des arches. On évite les angles droits. Pour faire circuler la lumière, les murs abritent des oculus (œil de bœuf) qui offrent de magnifiques perspectives. Les couleurs sont un cocktail de vitamines : mandarine, violet, carmin, gris argenté, jaune or…

Depuis le Bar le Festival, on descend quelques marches pour se poser dans l’un des coins salons, dont les murs sont recouverts de photos noir et blanc d’anciennes vedettes du cinéma et de champions de ski. On boit des cocktails XXL à l’heure de l’apéritif, avant de dîner aux Enfants Terribles, restaurant signature, situé à l’étage.

Jocelyne Sibuet a fait confectionner des tissus sur-mesure, en provenance d’un atelier italien pour embellir les 28 chambres et 6 suites, ainsi que les parties communes. Les motifs, des tissus tendus aux murs et des rideaux, ont été dessinés d’après des archives des années 60. Les rideaux très épais en laine participent à l’ambiance duveteuse de la suite.

Le spa, un véritable sas de décompression

C’est incontestablement l’endroit le plus étonnant des Dromonts. Après les chambres, le spa Pure Altitude est une création intégrale. Il a été réalisé à la place de la célèbre discothèque Le Roc. On ouvre grand les yeux, on regarde les agates multicolores à l’entrée, avant de découvrir quelques pas plus loin un couloir et une pièce entièrement recouverts de miroirs. Un sas de décompression d’un autre temps ! Ce décor, digne de James Bond version Sean Connery, nous fait voyager dans le temps et dans l’espace!

Le Spa Pure Altitude ne possède pas de piscine, mais pour goûter au plaisir de l’eau, on s’offre un moment de détente dans le jacuzzi extérieur, la tête dans les sommets, le corps dans une eau bien chaude. Un sauna extérieur, un autre à l’intérieur, un hammam, une fontaine de glace et trois cabines de soins sont à disposition après une bonne journée au grand air. La salle de repos, avec ses fauteuils suspendus et son mur tapissé de tavaillons, est une belle invitation à la relaxation.

Chaque lieu de l’hôtel est une expérience à vivre et à partager. Un voyage dépaysant au cœur d’une station désormais légendaire. Si Les Dromonts est bien l’unique hôtel de la station, il se chuchote que la famille Sibuet pourrait avoir d’autres projets pour poursuivre la belle aventure de la nouvelle Avoriaz.

Retrouvez ce reportage dans notre dossier spécial Morzine-Avoriaz à paraître dans le prochain numéro de Cosy Mountain, en kiosque dès le 14 février.