Nicky Dobree et Jean-Michel Villot ont en commun le talent et le goût de la montagne où ils se croisent parfois, au détour d’un chantier d’hôtel ou de chalet. Cette fois le sommet s’appelle Val d’Isère, où chacun a mis en exergue son style propre, pour l’aménagement et la décoration d’un appartement.

— Textes : Sophie Brocard

« L’Étoile filante » Nicky Dobree

L’architecte d’intérieur Nicky Dobree, partagée depuis plus de vingt ans entre sa Grande-Bretagne natale et les Alpes, entretient une certaine tradition anglosaxonne, un classique intemporel, que l’on retrouve comme une signature au fil de son travail. Fascinée depuis toujours par l’univers de Ralph Lauren, « il m’a toujours fait rêver, transportée, on s’y sent comme à la maison », elle cultive ce même art de vivre dans ses réalisations, privilégiant le confort et le réconfort.

Aussi, dès l’entrée de ce cossu duplex sous-toiture de 200 m2, on est enveloppé par cet esprit chalet. Nicky a pu intervenir subtilement sur les plans afin « d’améliorer la façon dont on se sert de l’espace » ; au rez-de-chaussée les pièces de vie présentent de beaux volumes ouverts sur une vue à 180°. Les matériaux reflètent la montagne : du vieux bois juste brossé, des parquets en chêne, de la pierre régionale, du cuir et la part belle aux textiles naturels, qu’elle intègre généreusement dans ses chantiers. Pas de volets, mais de lourds rideaux de laine occultants, au délicat chevron. D’épais tapis laineux et des plaids de fourrure feutrent les chambres.

Lin et cachemire recouvrent fauteuils et canapés et enrichissent le décor d’autres textures. L’ensemble du mobilier a été réalisé sur-mesure, faisant partie intégrante des lieux, dans un souci d’épure, à l’instar des poignées incrustées. Seule exception, la table de salon, petit clin d’oeil à Ralph Lauren. Cet écrin de bois qui s’étend jusqu’en terrasse, est mis en scène par trois niveaux d’éclairage, « Le bois a besoin de lumière », des spots, des leds, puis quelques accents de lumière pour une touche finale raffinée, signés Christian Liaigre ou Kevin Reilly.

Que retenez-vous de ce projet Nicky ?

« Une super collaboration avec mes clients anglais. Je suis ravie du résultat, je m’y sens comme chez moi. »

Vous pouvez, vous aussi, vous approprier « L’Étoile filante » le temps d’un séjour, puisqu’elle est proposée à la location.

JMV, la signature Savoyarde

Spécialisé depuis ses débuts dans l’architecture et l’architecture intérieure de montagne, Jean-Michel Villot, savoyard pur souche, a marqué de son empreinte les plus belles stations des Alpes, où il a notamment développé des concepts comme la Folie douce.

Ici, le défi était de poids : 100m2 au rez-de-chaussée d’un ancien garage réhabilité en petite résidence. Les lieux ne manquent pas de contraintes, entre autres le manque d’ouvertures « le vrai challenge de cet appartement ! », dont l’architecte DPLG, toujours en quête d’innovation, s’empare ingénieusement. Parfaitement indépendante, l’entrée, grâce à sa verrière, concentre le côté fonctionnel et pratique de l’appartement : vestiaire, ski-room.

Murs et plafonds ondulent pour composer tout en douceur et en fluidité avec quelques passages techniques. De larges baies d’acier toute hauteur éclairent l’espace de vie ; à la nuit venue, d’élégants rideaux électriques en laine Arpin viennent les ouater. Il tire profit des trop grandes hauteurs sous plafonds pour y camper des mezzanines où nichent chambres d’enfants ou salle de jeux connectée, jouissant ainsi de la lumière des pièces sous-jacentes, lesquelles « gagnent une atmosphère plus cosy ». Une des trois chambres siège au beau milieu du salon, tel un boudoir, dans un sas entièrement vitré qui se calfeutre douillettement derrière un plissé rigoureux.

Adepte des matériaux bruts et expressifs, Jean-Michel Villot met en scène le bois dans tous ses états : debout pour tapisser un mur de chambre ; vieux, voire incrusté de ferraille, comme ce bois d’atelier qu’il fait renaître. Dans une autre, un pan complet revêtu de pierres réfractaires n’est autre qu’un mur chauffant à basse température.Ouvrant le champ des perspectives, de simples cloisons de verre séparent les salles de bains.

« Je pense qu’on a su exploiter le beau volume de cet espace et lui garder son style atelier ».

Pour preuve, cet appartement insolite a déjà trouvé acquéreur.

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