Chez Monsieur et Madame Merle, c’est madame qui fait le nid. Certes, le mâle participe en amenant la matière première – mousse, brindilles et feuilles – mais c’est la femelle qui aménage l’abri. Un cocon d’allure douce, une coupelle aux formes bien définies. Est-ce le nom du propriétaire, Dominique Merle, qui a inspiré la décoratrice ? Reste que ce Nid-là, tout sauf précaire, respire la force, la simplicité et le naturel. Petit survol de ce chalet confortablement niché à Montriond.
Par Myriam Cornu / Photos Erick Saillet

Dans cette ferme de 1900, Dominique Merle, ancien gérant du golf de Saint-Cloud, ancien restaurateur, « s’est fait plaisir à élaborer (son) petit hôtel ». S’il a, dans les premiers temps, investi à Courchevel, c’est sur les Portes du Soleil qu’il jette son dévolu à l’heure de la retraite. « Cet endroit correspond plus à mes aspirations du moment. Morzine est un lieu très cosy. Ici, on se rapproche de la Suisse, c’est très propre. » Sa rencontre avec la montagne datant de son passage au « 7 », l’ancien Chasseur alpin du bataillon de Bourg-Saint-Maurice a aussi été séduit par le petit côté « peaux de phoque » du coin.

« La ferme de mes rêves devait forcément avoir une « vue ». Etre bercée d’un environnement naturel d’une vraie beauté. Mais, parallèlement, se trouver à proximité de remontées mécaniques qui mènent aux plus belles pistes, pour le côté facile à vivre. On devait pouvoir rejoindre aisément des champs de ski des plus intéressants !», résume le propriétaire de cette bâtisse exposée plein Sud.

Cette vieille montagnarde, Dominique tente, durant la rénovation, de la garder la plus possible « dans son jus » comme aiment à le dire les acquéreurs de biens anciens. « Je viens de prendre ma retraite, ce qui m’a permis de camper, au sens strict, sur le chantier », précise l’ancien du « bataillon de fer, bataillon d’acier ». Et c’est avec une poigne de fer, justement, qu’il a pris les choses en mains. « Il m’est arrivé de défaire des choses dans la nuit, qui n’étaient pas conformes à mes directives, de manière à obliger l’artisan à le refaire correctement. Mes relations avec les différents corps de métier étaient bonnes et cordiales mais j’avais à cœur d’obtenir ce que je voulais. Mon menuisier, un homme remarquable malheureusement décédé, a fait du travail extraordinaire. »

Pour la décoration, Dominique Merle a fait appel à une spécialiste, Laurence Palayer : «  Ma commande : insérer un confort moderne dans une beauté rustique. Je ne me suis pas du tout occupé du look intérieur. C’est un métier et ce n’est pas le mien. Je me suis chargé des volumes, du côté fonctionnel, Laurence est reine dans l’art de détourner les objets, de trouver la place qui les attendait. Je lui ai donné carte blanche… sauf pour ce qui concerne le budget ! Elle a mixé des produits haut de gamme à des objets de grande distribution moins onéreux, piochant sans honte des accessoires chez Ikea.» En revanche, l’ancien traiteur a veillé personnellement au côté luminosité : « Quand on donne dans la restauration, on joue du théâtre. Recevoir des convives pour un mariage est tout un art : tout doit se révéler superbe. Il faut illuminer la moindre carotte pour qu’elle se donne des airs glamour. J’ai gardé de mes expériences passées une attention particulière pour les éclairages, les ambiances de lumière et j’ai fait en sorte qu’on se sente bien ici. » Mission accomplie, monsieur le chasseur alpin !