Les poteries et les grès façonnés à la main ont toujours trouvé leur place en cuisine , à table et au jardin . Quand des créatifs reprennent une manufacture datant du XIXe siècle comme la Manufacture de Digoin en Bourgogne , cela donne des objets colorés, design et d’une grande modernité.

poterie grès bol

Quel gourmet n’a pas jamais savouré dans une auberge de montagne une terrine conservée dans un récipient qui a servi à la cuire ? Qui n’a jamais bu de l’eau fraîche de la montagne dans un pichet en grès ? Les poteries, faites à la main, ressortent des placards pour habiller les tables et leur offrir un esprit champêtre. Fabriquées en France, elles sont recherchées pour leur qualité de conservation des aliments.

Corinne Jourdain-Gros, ancienne directrice conseil en communication chez Publicis, a senti l’engouement des Français (et des étrangers) pour les beaux objets fabriqués de manière artisanale quand elle a repris la Manufacture de Digoin datant de 1875, il y a 5 ans. Elle s’associe alors à une dizaine d’investisseurs issus pour quelques-uns d’entre eux de l’art de vivre et de l’architecture (dont Martine Leherpeur fondatrice du bureau de style MLC, Bernard Reybier, pdg de Fermob, Hélène Roux fondatrice du concept store Café de Balme, Julia Capp architecte et directrice du département design chez RDAI).

Nouvel habillage, nouveaux usages

Ces créatifs se plongent dans les archives. C’est décidé, ils vont perpétuer un savoir-faire ancien, en modernisant le look de ces objets. Pas question de jeter les vieux moules qui ont repris du service. Alors qu’est-ce qui a changé ? Les finitions brut et mat, l’habillage d’émail, les couleurs plus éclatantes offrant une grande modernité aux objets traditionnels.

Les pots à eau, les gobelets, les plats à gratin, le vinaigrier… sont désormais déclinés en bleu de gris, fève tonka, moutarde jaune et encre bleu nuit. Les anciens ustensiles sont réinterprétés. Le gobelet en grès servant à contenir les fromages sert à boire. Le plat « terrine de Paris » utilisé auparavant pour les charcutiers devient un plat à salade ou un ustensile de préparation culinaire. La première collection MD1975 s’est enrichie de la collection le Jardin Digoin, inspirée du jardin potager. Les formes anciennes, retrouvées elles aussi dans les archives, donnent vie aux pots de fleurs, aux jarres, aux coupes.

Bonne nouvelle : la poterie horticole résiste au gel. Elle pourra même passer l’hiver dehors, sous la neige.

Texte : Patricia Parquet
Photos : Jean-Marc Palisse et Pierrick Verny