Avec le projet d’habitation Préamont & Valmont, situé à Jacob-Bellecombette, en Savoie, l’agence pateyarchitectes a réussi à insuffler à des logements collectifs les qualités tant prisées de la maison individuelle. Christian Patey, architecte militant et engagé, à la tête de l’agence, nous en donne les clés.

Logement collectifTexte : Alice Morabito – Photos : Studio Erick Saillet

« On n’achète pas seulement une surface habitable », explique Christian Patey, fondateur de l’agence pateyarchitectes, basée à Chambéry, qui signe nombre de projets dans toute la région Auvergne-Rhône-Alpes, intervenant aussi bien sur des projets de logements, équipements, bureaux, bâtiments industriels et commerciaux ou encore d’urbanisme.

« Aujourd’hui, les gens en logements collectifs aspirent à l’intimité et ne souhaitent pas avoir la sensation de voir les autres ni d’être vus. »

Aussi, les 65 logements de ce projet très qualitatif possèdent tous, au-delà de la surface habitable proprement dite, des terrasses couvertes (loggias) quasi équivalentes à la surface intérieure. De véritables pièces à vivre outdoor, sans oublier les dépendances et surtout les jardins, qui plus est potagers, chacun ayant même leur cabane de jardin.

« Une surface habitable de 70 m2 sur Préamont permet une jouissance globale d’environ 210 m2, explique Christian Patey, si l’on additionne les dépendances comme le cellier, le stationnement et les parcelles potagères. »

Autant de facilités de rangement et de qualités d’espace dont extérieurs qui manquent cruellement en général en appartements.

Le fil rouge de ce projet ?

« L’idée était d’avoir le plus d’orientation possible comme d’ouvertures dans les logements. Les appartements sont tous traversants, avec toujours ce principe de ventilation qui apporte plus de confort en été. »

La conception même de ces logements se rapproche de celle de la maison, la Compagnie d’Architecture Nouvelle, fondée et dirigée par Christian Patey (promoteur immobilier de cette opération), ayant donné un maximum de souplesse aux acquéreurs dans leur projet.

Logement collectif 4Les appartements sont ici tous traversants et possèdent des terrasses
couvertes (loggias) quasi
équivalentes  à la surface intérieure.
De véritables pièces à vivre outdoor, sans oublier les dépendances
et surtout les jardins, qui plus est potagers.

Logement collectif 5

« Nous avions plusieurs variantes de plans mais nous avons refait des cellules sur mesure en fonction des demandes, avec la possibilité de faire évoluer les logements à terme. Car tout doit être pensé dans la modularité ; on ne doit pas détruire pour refaire, mais être capable de moduler. »

Quant aux matériaux choisis ? Un parti pris pour la sobriété, le local et le durable.

« Nous allons au-delà des labels, car nous cultivons depuis toujours une approche vertueuse sur le plan environnemental, que ce soit dans les faits et les usages. »

Au programme, des menuiseries en bois toutes faites en Savoie, une chaufferie bois ENR (énergie renouvelable) et des jardins alimentés par l’eau de pluie (récupérée dans des citernes).

Si certaines cellules ont été faites sur mesure au gré des demandes, il est aussi et surtout possible de faire évoluer tous les logements à terme, la modularité étant un paradigme essentiel de l’architecture désormais.

Les matériaux choisis allient sobriété et approche durable : menuiseries en bois toutes faites en Savoie, chaufferie bois ENR, jardins alimentés par l’eau de pluie…

« Nos habitats sont par essence bioclimatiques, souligne l’architecte. Si certaines cellules ont été faites sur mesure au gré des demandes, il est aussi et surtout possible de faire évoluer tous les logements à terme, la modularité étant un paradigme essentiel de l’architecture désormais. Plutôt que de résoudre les problèmes nous préférons les éviter ! Nous sommes assez militants. J’ai d’ailleurs fait ce métier par conviction politique plus que par désir de création pure. Et ce que nous faisons actuellement est de la politique appliquée. »

Alors à la question de savoir si l’on peut redonner au logement collectif les qualités d’usage de la maison individuelle si convoitée, la réponse est bien oui.