Derrière le terme un peu barbare d’empreinte carbone, se cache une réalité actuelle : le taux d’émission de gaz à effet de serre dû à l’activité humaine. Entre 1995 et 2010, en France, l’empreinte carbone a augmenté de 16,4 % pour baisser légèrement, et ce notamment grâce à une volonté de relocalisation de fabrication des objets manufacturés. En 2017, le taux d’émission de CO2 par habitant était de 4,56 t (contre 5,8 en 2007) ce qui place la France à la 18e position. Pourtant, bien que le bilan carbone soit au cœur des problématiques des industries, mais aussi des particuliers, certains excès, notamment ceux des fêtes de fin d’année mettent à mal les faibles résultats de tous ces efforts.

Le sapin naturel et son bilan carbone

En France, près de 8 millions de sapins sont vendus chaque année, L’empreinte carbone d’un sapin de Noël naturel est de 3,1 kg environ contre 8,1 kg pour un sapin de Noël artificiel. Surtout, la plupart des sapins naturels vendus en France sont importés de la forêt européenne ou même de Chine, l’Hexagone ne possédant que 5 000 hectares d’élevage. Compte tenu de la durée de pousse d’un arbre de Noël, on peut s’interroger sur la pertinence d’un tel achat qui n’aura finalement qu’une utilité éphémère.

La bonne nouvelle, c’est que tous les sapins naturels ne se valent pas. Certains éleveurs font l’effort d’implanter des conditions d’exploitation alternatives comme l’utilisation de moutons pour l’enherbement des parcelles ce qui réduit partiellement l’empreinte carbone de la pousse des arbres. Pour choisir un sapin écoresponsable, il faut se référer à la provenance de l’arbre, mais aussi à la présence ou non d’un label. À titre d’exemple, les dénominations « Label rouge », « Fleurs de France », « Légende du Morvan » ou encore « Plante bleue » garantissent un élevage plus respectueux de l’environnement. Aussi, certaines enseignes comme My Little Sapin ou Treezmas – qui vend des arbres de Noël qui ont chacun leur petit nom – proposent des sapins en pot qui ont droit à une nouvelle vie après les fêtes. Un bon moyen d’accueillir le père Noël et de célébrer les fêtes dans la tradition sans trop contribuer à l’augmentation de l’empreinte carbone.

Des cadeaux plus écolos

Tout au long de l’année, les emballages représentent près de 50 % des volumes d’ordures ménagères. Lors des fêtes de fin d’année, c’est le bal. Papiers cadeaux, pochettes diverses et variées, derrière ces paquets esthétiques que l’on aime déchirer se cache un désastre écologique. Réduire l’empreinte carbone, c’est principalement adopter un comportement écoresponsable en mettant de côté tout ce qui touche au plaisir éphémère, mais futile. Un emballage cadeau, c’est plaisant, mais quid de l’utilité ? Sa durée de vie est en moyenne de quelques secondes. Pourtant, une alternative simple et personnelle existe. De l’originalité, un soupçon de spontanéité et ainsi un vieux journal peuvent faire un excellent paquet. On peut même utiliser de la toile de jute 100 % naturelle et du ruban pour créer un emballage qui n’a rien à envier au papier cadeau de luxe.

Autre habitude des fêtes qui augmente l’empreinte carbone : la quantité des cadeaux. Surtout avec des tendances comme le « père Noël surprise » et la possibilité de commander chez des géants du e-commerce et se faire livrer parfois le jour même ! Si chaque personne reçoit une dizaine de cadeaux – parfois d’utilité douteuse – c’est tant d’emballages inutiles qui sont déchirés en quelques secondes. Pourtant, à l’ère du numérique, il est si simple d’opter pour des cadeaux dématérialisés et même éthiques : place de concert, coffrets pour un soin, etc. Bien entendu, ceux qui préfèrent un cadeau matériel peuvent offrir une création DIY. Pour les férus de high-tech, il existe même le fairphone, un Smartphone soucieux de l’écologie produit par une entreprise néerlandaise. Consommer responsable semble important pour les Français. Cette année 42 % de la population a fait le choix d’un cadeau écologique.

Enfin, réduire l’impact écologique des fêtes de fin d’année passe aussi par la consommation de produits locaux. Même si la question de l’empreinte carbone est au cœur des problématiques de bien d’entreprises de transports qui facturent à leur clientèle une taxe spéciale à cet effet, l’acheminement des biens reste l’un des facteurs n°1 d’émission de gaz à effet de serre. Acheter français, c’est consommer d’une manière écoresponsable tout en faisant tourner l’économie locale.

Les repas des fêtes de fin d’année

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), l’alimentation des Français représente près d’un quart de l’empreinte carbone. Or, les fêtes de fin d’année sont loin de refléter le parfait exemple d’un repas modéré et responsable : 13 000 tonnes de foie gras consommées chaque année en France, 424 millions d’escargots, dont 90 % provenant de l’import, huîtres, charcuterie et terrines en tout genre… Mais faut-il pour autant s’improviser flexitarien pendant les fêtes ? Il faut savoir que l’empreinte carbone de toutes les viandes n’est pas le même. Un kilo de bœuf équivaut à 27 kg de gaz à effet de serre, la dinde, 10,9 kg et le poulet seulement 6,9 kg. Troquer le traditionnel rosbif de Noël contre une dinde farcie est déjà un premier pas dans la réduction de l’empreinte carbone. Et tout comme pour les cadeaux, cela passe aussi par la consommation de produits locaux et en quantité modérée.

Acheter les denrées chez le producteur local, faire appel à une association pour le maintien d’une agriculture de proximité (AMAP) type « La Ruche qui dit oui » contribue à adopter un comportement responsable tout en passant un moment convivial. Les cordons-bleus peuvent consulter l’outil assez intuitif de l’association « Bon pour le climat » qui détermine, à partir d’une recette de cuisine, l’empreinte carbone d’un repas.