On voit désormais arriver sur le marché des structures légères, ouvertes sur la nature, préfabriquées en usine et montées en quelques jours . Nous avons sélectionné quelques exemples de constructions contemporaines pour se créer un bureau au fond du jardin, accueillir une nouvelle chambre d’amis … Leurs points forts ? Elles sont pour la plupart nomades, démontables et le plus écologique possible.

Texte : Patricia Parquet

 

capsule habitation haute-savoie

 

Une capsule d’habitation made in Haute -Savoie

Le nom de cette capsule d’habitation « La Yøte » est un clin d’oeil à la Haute-Savoie (expression locale pour la désigner) où vivent les deux architectes-concepteurs, Fabrice David et Marion Brière. Ils ont fabriqué leur bureau dans une cellule en bois, posée sur des pilotis métalliques, habillée de bois brut à l’intérieur. Ils souhaitent désormais développer sa fabrication en usine près d’Annecy. Ils revendiquent une création locale, avec des artisans locaux pour la mise en oeuvre, du bois local et français.

« Nous réalisons la plupart du temps des maisons contemporaines où l’on nous demande de réfléchir à comment optimiser l’espace et créer avec des petits budgets. En Haute-Savoie, le terrain est difficilement accessible en terme de foncier et de prix. Alors quand on dispose d’un peu de terrain autour de sa maison, c’est idéal pour créer un espace supplémentaire pour une chambre d’ami, un bureau indépendant ou même un petit appartement. Nous concevons des produits de qualité faits pour durer » souligne Fabrice David depuis son bureau à Thonon-les-Bains qui sert également de bâtiment témoin.

La surface des cellules d’habitation varie de 9 à 36 m2 en série (et autre sur mesure), avec une toiture à deux pans ou une toiture plate végétalisée. À partir de 18 000€ hors terrassement et installation.

 

habitat mobile

© Novablock

Un habitat mobile

« Notre idée originelle : redevenir un habitat de la nature », expliquent Julien Ménard et Anseau Delassalle, créateurs de Novablock.

Comme dans un jeu de Lego®, les modules de leur marque permettent de construire sa micro-habitation, sa chambre, son pool-house ou son bureau à partir de blocs modulaires. Ils sont fabriqués dans un atelier par un Compagnon du Devoir et arrivent avec les murs déjà isolés avec de la ouate de cellulose et de la ouate de bois, prêts à aménager.

L’habitation repose sur des micro-pieux (soit 6 pieux pour 20 m2). L’avantage ? Chaque bloc peut se déplacer, n’abîme pas le sol et s’adapte à tout type de terrain, même escarpé. Du chêne massif habille l’intérieur, tandis que du bois brûlé recouvre l’extérieur. Compter entre 3300 et 3600€/m2. Dimension d’un module : L 7,2 m x l 3 x h 3. Les modules sont à placés l’un à côté de l’autre pour une configuration illimitée. Livraison : 12 semaines.

 

maison passive livrée en kit bois

Une maison passive livrée en kit

Un bureau d’études de Marseille s’est lancé dans la fabrication de PopUp House ; il s’agit de maisons passives livrées en kit. Il faut seulement 15 jours pour mettre la maison hors d’eau et hors d’air. Le secret ? L’industrialisation.

La société se charge de fabriquer le système constructif : une ossature bois avec des blocs d’isolants assemblés (polystyrène expansé graphité réputé pour être peu cher et performant). Le bureau d’études valide l’ossature, fournit les notices pour monter la structure, calcule les futures consommations et les équipements les plus rentables.

Pour monter la maison sur place et suivre la réalisation, elle confie ce travail à des partenaires : architectes, maîtres d’oeuvre ou constructeurs de la région où sera bâti le projet. Pour la finition aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, des panneaux de finition sont clipsés. Maison prête à emménager à partir de 1500€/m2. Surface : à partir de 80 m2. Réalisations : maisons à vivre, bureaux et commerces.

Petites maisons, grandes idées

En France, sans remonter très loin, les premiers exemples d’habitat démontable nomade apparaissent avec les maisons préfabriquées de Jean Prouvé et, en montagne, avec le refuge en aluminium de l’architecte et designer Charlotte Perriand.

 

Refuge tonneau pour s'abriter dans la forêt nature

© Sif Flaine

Un Refuge Tonneau pour s’abriter

Lors d’une sortie en montagne, l’architecte et designer Charlotte Perriand (1903- 1999) se perd. Pour passer la nuit à l’abri, elle construit un igloo. C’est ainsi que lui est venue l’idée de créer un refuge, très sommaire qui se monte en trois jours et se transporte à dos d’homme.

En 1936, avec l’aide de l’ingénieur André Tournon (l’inventeur des premiers skis en aluminium), elle crée le 1er refuge en aluminium : le Refuge Bivouac, léger, préfabriqué, démontable et compact. Il est monté au mont Joly, au-dessus de Megève, pour être testé, mais il a trop de prise aux vents.

Deux ans plus tard en 1938, en collaboration avec l’architecte Pierre Jeanneret (cousin de Le Corbusier), elle imagine le Refuge Tonneau, toujours revêtu d’aluminium, aux formes arrondies pour offrir le moins de résistance au vent et éviter l’accumulation de neige. Il est semblable à une petite capsule.

L’idée de la forme lui est venue en regardant un manège pour enfants en Croatie. À cause de la guerre, ce projet resté à l’état de maquette ne verra pas le jour. Baptisée Refuge Tonneau Perriand-Jeanneret, une réplique avec des panneaux d’aluminium a été réalisée par l’association Acte avec un groupe de passionnés. Elle est actuellement visible lors d’une randonnée dans la station de Flaine au sommet de l’Arbaron, de l’autre côté du golf. Renseignements auprès de l’office de tourisme de Flaine.

 

Habitat de Jean Prouvé Maison Ferembal

Vue extérieure de la Maison Ferembal. Exposition JEAN PROUVÉ : Architecte des Jours Meilleurs, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, 2017-2018. ©Manuel Bougot

Les habitats de Jean Prouvé

Architecte et designer parmi les plus novateurs du XXe, Jean Prouvé (1901-1984), « maître de la préfabrication », compte parmi ceux qui ont le plus oeuvré pour révolutionner l’art d’habiter grâce à des trouvailles ingénieuses, rapides à fabriquer, faciles à monter et des matériaux pas cher. Ses constructions préfabriquées démontables d’après guerre ont marqué la construction.

En 1956, il conçoit les maisons « Les jours meilleurs » pour remédier à la crise du logement et répondre à l’appel de l’abbé Pierre. Ses constructions nomades accueillent des sinistrés. Ses matériaux de prédilection sont l’acier et l’aluminium. Douze structures préfabriquées, créées entre 1939 et 1969, ont été exposées à la Fondation Lumas à Arles l’an dernier, en collaboration avec la Galerie Patrick Seguin.

 

 

De gauche à droite :

  • Vue extérieure du Bureau d’études de Maxéville. Exposition JEAN PROUVÉ : Architecte des Jours Meilleurs, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, 2017-2018. © Victor Picon
  • Vue intérieure du Bureau d’études de Maxéville. Exposition JEAN PROUVÉ : Architecte des Jours Meilleurs, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, 2017-2018. © Victor Picon
  • Vue extérieure de l’École provisoire de Villejuif. Exposition JEAN PROUVÉ : Architecte des Jours Meilleurs, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, 2017-2018. © Victor Picon
  • Vue intérieure de l’École provisoire de Villejuif. Exposition JEAN PROUVÉ : Architecte des Jours Meilleurs, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, 2017-2018. © Victor Picon