Dans un petit village de la région des Dolomites, dans le Tyrol du Sud, une ferme solide a été restaurée avec amour par un couple passionné par la montagne et ses traditions.

— Texte : Marzia Nicolini – Photos : Alessandra Ianniello

« Nous avons toujours rêvé de trouver une authentique vieille ferme à restaurer dans la région d’Alta Pusteria, où Erika a grandi », dit l’entrepreneur italien Vincenzo Schettino. Un rêve s’est réalisé. « C’est en 2006 que nous l’avons enfin vu et que nous avons commencé les travaux de rénovation qui ont duré environ neuf mois ».

Le couple qui nous a ouvert les portes de leur maison de vacances a toujours été amoureux des paysages de montagne. Elle, Erika Trojer, artiste et ex-modèle, est née à San Candido, dans le territoire de Bolzano, de sorte que le lien avec les Dolomites ne l’a jamais quittée. Son compagnon, lui, aime skier et faire du vélo à travers les splendides paysages des Dolomites.

Les veinards : leur maison – une magnifique ancienne ferme – est située dans l’un des endroits les plus pittoresques de la vallée de Puster Valley.

Au coeur de Villabassa, un village typique du Tyrol du Sud à 25 km de Cortina, cette ferme a beaucoup d’histoires à raconter. Pensez que le premier cadastre date de 1526, alors que les caves en pierre datent de l’an 1000. Une autre particularité : à la différence de la plupart des fermes, qui avaient deux bâtiments distincts, l’un où vivait l’agriculteur, l’autre dédié aux animaux, leur ferme intègre la partie habitée et la grange avec une écurie dans un seul corps architectural.

5/ La cheminée représente le coeur chaleureux de la maison. « Nous avons fait un trou dans le grand mur porteur de la grange et nous avons utilisé l’ancienne cheminée du four à pain ». À gauche, une ancienne porte en bois typiquement tyrolienne. Chaises Le Corbusier années 60 pour Cassina. Tapis moderne Gatterer_Brunico.

3-4-6/ Dans le hall où le foin était autrefois stocké le plafond a plus de 8 mètres de haut. Au fond, un buffet tyrolien typique avec quelques objets ethniques indonésiens posés dessus. À gauche, une minuscule fenêtre qui servait autrefois à laisser entrer un peu d’air. Peaux et lampe Gatterer_Brunico. Objets sur la table noire : Hands on Design, Milan. Tout comme la table basse-conteneur en bois au premier plan.

1/ Les propriétaires, Erika et Enzo, devant une ancienne porte tyrolienne ; chaises d’Arne Jacobsen. Photos sur le mur représentant les familles des parents d’Erika.

2/ Hall d’entrée, où les engins étaient autrefois garés. A côté de la rampe en fer se trouve l’escalier qui mène à l’ancienne cave en pierre. L’ancien escalier en bois mène au salon où le foin était entreposé. L’ensemble de la structure a conservé ses caractéristiques d’origine, y compris l’ancien plancher en mélèze.

Le bois… représentatif de l’architecture tyrolienne

La remise à neuf a été une tâche difficile, mais en même temps passionnante. « La lumière, l’eau, le chauffage et les salles de bains manquaient totalement, et nous avons dû refaire complètement le toit. Mais la partie amusante était de préserver la structure d’origine, en récupérant les mêmes matériaux de la région, à partir du bois ». Dans ce projet le bois est rendu encore plus fascinant par les signes du temps à sa surface : comme un manteau, il enveloppe les pièces, donnant à chaque endroit chaleur et intimité. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi Vincent et Erika sont tombés amoureux de cet endroit.

Aujourd’hui, la maison n’est pas seulement belle, mais aussi très pratique et confortable, avec une touche de modernité. La surface intérieure est très grande et comprend sept chambres à coucher, divers salons et stube (ancien salon/chambre chauffé(e) par un poêle, de l’allemand ‘stuben’), des salles de bains, plus une grande cuisine et un espace bien-être, situé dans ce qui était autrefois la cave de la ferme. L’ameublement reflète une fois de plus l’attention des propriétaires pour le lieu et ses origines authentiques : des meubles typiquement tyroliens cohabitent avec des pièces de design contemporain, ainsi que de précieuses oeuvres d’art sacré local et des pièces d’art indonésien primitif, la grande passion de Vincenzo. La structure est solide et résistante aux intempéries (les hivers peuvent être rudes ici) : les vieux planchers recouverts de sapin et de mélèze, les hauts plafonds aux poutres anciennes et puissantes, les bardeaux exposés.

Et si en hiver il n’y a rien de mieux qu’une journée passée dans la neige, pour ensuite déguster un verre de vin rouge devant la cheminée crépitante, en été les propriétaires adorent être à l’extérieur, à la recherche de champignons ou explorer des sentiers à couper le souffle. Puis ils rentrent à la maison…

1-2-4/ La chambre principale au dernier étage a été entièrement recouverte de vieilles poutres récupérées d’une ancienne ferme en Autriche. La tête de lit est une ancienne porte tyrolienne, ici placée horizontalement. Tout aussi âgée, une commode tyrolienne sur laquelle on retrouve différents objets dont un bol noir Hands on Design, Milan ; au-dessus un cadre, « Blue », par Graziella Reggio, Milan.

3/ Dans l’une des petites chambres à coucher à l’étage. Lit tyrolien, petite peinture d’Elena Carozzi, linge et couverture de la « maison », table basse en bois Hands on Design, Milan.

Retrouvez cet article bien d'autres dans Cosy Mountain #37