Nous vous conduisons sur les hauteurs de Crans Montana à la découverte d’un chalet qui reprend les codes des chalets d’alpage dans un esprit contemporain , sublimé par une combinaison de matériaux bruts.
Texte Patricia Parquet. Photos Jean-Marc Palisse et Pierre Masclaux


Au beau milieu de la nature, le chalet épouse naturellement la pente pour être en osmose avec l’environnement. Il surplombe la station de Crans Montana et semble avoir toujours existé. De l’extérieur, on distingue plusieurs volumes et des décrochés de toiture laissant deviner les demi-niveaux d’où l’on peut admirer la vue sur les plus beaux panoramas des Alpes, du mont Blanc au Cervin.
Il fait partie de ces chalets qu’on aime découvrir dans les moindres détails car l’architecte parisien Dominique Léon a pris soin de dessiner, avec une grande précision, les éléments techniques et esthétiques.
Derrière chaque mur, chaque poutre, on devine la main de l’homme qui a taillé les angles, patiné le bois, taillé la lauze. On ressent l’exigence pour le travail précis et bien fait des Compagnons du Devoir des Chalets Bayrou, chargés de la construction.

« Nous avons été séduits par l’architecte qui a imaginé un chalet à la fois traditionnel, avec de nombreux éléments contemporains », précise Anne Bayrou, co-gérante des Chalets Bayrou, spécialisés dans la construction de chalets en ossature bois et poteaux-poutres dans les Hautes-Alpes et en Suisse.

Une charpente à l’aspect vieux Bois
Les propriétaires voulaient un chalet entièrement en vieux bois. Ce fut un premier défi important à relever.
« Nous avons donc trouvé un système pour faire vieillir notre charpente. Les éléments en mélèze ont été brûlés et brossés à de nombreuses reprises.
Les arêtes cassées à la plane pour donner l’aspect ancien.Tandis qu’au mur, du vrai vieux bois a été utilisé », poursuit Anne Bayrou.
Cette charpente imposante, comme dans une vieille ferme traditionnelle, est semblable à une forêt de mélèze. C’est l’élément qui impressionne le plus le regard à l’intérieur.
Les charpentiers ont utilisé un maximum d’assemblages traditionnels comme les tenons et mortaises, les enfourchements, les queues d’arondes, les chevilles, les embrèvements, comme cela se faisait autrefois.
Ce mélange de madriers, de vieux bois et de bois de récupération fait penser au chalet d’alpage.




Du bois jusque sur le béton
L’architecte a mis en valeur les matériaux bruts et combiné le bois au béton. Le ski room en est le plus bel exemple.
« La particularité de ce chantier était de travailler une partie du gros œuvre, béton et bois comme un meuble avec les finitions. Sur certains murs en béton, nous voyons les traces des planches de coffrage volontairement et minutieuse- ment conservées pour l’aspect esthétique » , explique Romain Stouvenot, responsable du bureau d’études des Chalets Bayrou.
Pas d’ouvertures démesurées, mais des fenêtres rappelant celles des fermes d’autrefois. La pièce à vivre offre un vaste espace qui se prolonge jusqu’à la terrasse qui fait le tour du chalet. Les teintes noires, grises et naturelles ont été privilégiées. Seul le canapé rouge tranche.
« Ce projet a été une succession de challenges. Nos charpentiers se sont régalés. Il fallait être dans la recherche de l’excellence dans le travail de la matière et le sens du détail architectural. Nous étions à l’écoute des clients et de l’architecte pour répondre à chaque défi. Ces projets exceptionnels nous font progresser et nous amènent à réfléchir à de nouvelles solutions. Au final, c’est une satisfaction et une fierté pour toute une équipe » conclut Anne Bayrou.

